Récits

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Ne retenez pas mon nom.

Il se pourrait que l'on vienne me chercher. Mon odeur a troublé les chiens, ils virevoltent dans la cité en bandes ordonnées. Tu as beau préféré les papillons, aucun argument n'est plus légitime. La situation est sourde et, depuis longtemps, a définitivement donné l'exclusive priorité aux yeux. Les nuances ont été dissipées comme s'il s'agissait de mauvaises herbes, de champignons vaguement hallucinogènes. C'est une brume qui a été arrachée du sol par des essaims de tractopelles. Tout a disparu, je ne reconnais plus rien de ce lieu qui maintenant tremblent sous la course des chenilles et des chiens cités plus haut dans le rapport. Par chance, je ne connais pas ma position dans la liste. Cette petite imperfection me laisse comme option d'espérer. J'étire ces instants dans les espaces qui restent à proximité, cela détend mes os et réveillent les pierreries de mes muscles. Enfin, on frappe.

15/03/2026 Voir
Notes prises

Mes poches sont des carnets dont le régulier remplissage s'effectue dans la cour de l'école, dans mon parking, dans l'arrière-salle de mon gouvernement. A part des cailloux, des étoiles de mer (vraies et fausses), des boutons anciens orphelins pour toujours, c'est vrai : on trouve aussi des papiers en découpe, de petite taille, avec des dessins en texte à l'encre. Indéfectiblement à l'encre car il m'est impossible de trahir le Parker, le doigt greffé qui se recharge. Capture et emprisonnement de mots, plutôt mal organisés dans une logique d'un chaos suprématiste que tous reconnaissent. Cette chasse est penser, marcher et respirer, enfin, je crois. Fameuses chasse, cueillette et pêche qui se baladent toujours dans les vallées, par les monts et qui glissent et se désaltèrent de lac en lac. C'est ainsi : les paysages sapiens ne sont pas si loin mais leur construction en cathédrale a des soucis avec la lumière. C'est souvent le point faible, le blocage de la lunette épaisse par des vitraux pris dans leur étain.

04/03/2026 Voir
Ondes martelées

S'endormir sur des voix en contrepoint, sifflées par des jeux d'orgues doux et liés en tableaux. De sorte que toutes nos sœurs résonnances accaparent nos élans, préemptent nos désirs comme nos satisfactions éventuelles. Le déchet qu'elles abandonnent correspond à peu près au regret fondamental qui s'autogénère lui-même. Ce regret est un larsen, donc un cousin qu'elles souhaitent maintenir à bonne distance de leur propre famille en vibration.

05/03/2026 Voir
Reprise sur la braise

Ai-je assez repris mon souffle ? Mes genoux ont pliés sous le frottement entrechoqué des fibres, des os, du sang en bloc. Même si j'ai longtemps refusé de plier, c'était très essentiellement pour mieux prendre la posture de l'idiot avec son 'rire affreux' et sa complaisance. A cette aube, je plie pour de bon et je me 'poste' pour donner un coup de rame plus précis, c'est-à-dire un peu plus humain. J'ai retrouvé la chaleur. Toujours là. Mais qui en a pris soin ? Qui a préservé l'essentiel en mon absence ? Une suite de passants dont il faudrait commencer à s'occuper. Et c'est à moi de le faire, c'est mon tour, même si je ne suis pas prêt pour cela. Je suppose qu'ils ne l'étaient pas non plus lorsqu'il a fallu qu'ils se désignent eux-mêmes, souffle après souffle. Je ne suis pas prêt, je ne suis - sans doute - pas digne du rituel, de l'enjeu mais c'est comme ça que cela fonctionne à la longue.

24/01/2026 Voir
Vente à la bougie

Au fond s'entreposent les idées. Cela fait comme un bloc - indécis dans sa forme - avec lequel on joue à construire de grands piliers et leurs portiques. Ce minuit, les 'vastes portiques' alignés soutiennent, lampadophores, l'accueil d'armées entières de bougies, véritables grognards sans oreilles à remercier. C'est pour cela que nous avons ce sentiment d'allées, de parcours dans la plaine, de destins parfaitement déterminés en balises en vue de contraindre nos illusions les plus scientifiques, à leur donner leur source vespérale parmi celles qui se trouvent au loin. On y croît dur comme faire à ce chemin, la preuve : nous l'avons déjà parcouru en partie, enfant. Regarde ces racines solides et dominatrices ! Alors on s'y attèle en chevaux de labour et c'est ce bel attelage de fortune que, par timidité, on appelle la vie. Cela reste très hésitant, pas très rassurant bien sûr mais au moins cela permet de faire des projets. Cela permet d'accepter de brûler du temps à écrire des lois, des romans alors que l'idéal serait d'économiser nos forces pour couronner l'humble répétition à l'infini de gammes musicales saisonnières. En boucles. Prend donc ta flûte et souffle ! C'est mieux pour tout le monde.

14/03/2026 Voir
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Humour : https://www.youtube.com/shorts/xEahf8NgX3U Justice : Pelicot > https://www.youtube.com/watch?v=cIZjyf9xDQM

11/03/2026 Voir
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